Quand on me demande lequel de mes livres je préfère, je réponds toujours la même chose : c'est Les filles, osons parler argent !. Pas seulement parce que c'est le premier — même si la première fois où l'on tient son livre entre ses mains reste un moment qu'on n'oublie pas. Mais surtout parce que c'est celui qui correspond, à mes yeux, à la mission la plus utile que j'ai eu à porter dans ma vie professionnelle : aider les femmes à se réapproprier le sujet de l'argent.
Ce livre, je l'ai co-écrit avec Catherine Lott-Vernet, consultante en stratégie et en communication, qui dirige aujourd'hui l'agence Fizzy Ways. Il est paru chez Dunod le 15 octobre 2014, dans la collection Hors collection. 208 pages, format 15 × 21 cm, vingt cas pratiques. Plus de dix ans plus tard, je continue d'en recommander la lecture à de nombreuses clientes — et plus encore à leurs filles, à leurs nièces, à leurs jeunes collègues. Parce que le constat de départ qui nous a poussés à l'écrire reste, malheureusement, presque aussi vrai aujourd'hui qu'il y a dix ans.
Pourquoi un livre sur les femmes et l'argent en France, en 2014 — et toujours en 2026 ?
La quatrième de couverture pose les questions de manière directe, dans un style qui résume bien l'esprit du livre :
« Pourquoi êtes-vous si frileuses quand il s'agit de votre argent ? À quoi bon batailler pour la parité dans les revenus, si c'est pour les laisser en jachère ensuite ? Les hommes auraient-ils un truc en plus avec l'argent ? Pourtant, vous êtes bien les plus sensibles à la protection de votre famille. Il suffirait de prendre enfin les commandes de votre patrimoine… »
Cette série de questions, c'est exactement celles que Catherine et moi nous étions posées avant d'écrire le livre. Et c'est exactement celles que je continue à entendre, sous d'autres formes, à chaque fois qu'une cliente s'installe dans mon cabinet pour la première fois.
Le constat de fond : un paradoxe français
Quand on travaille comme moi en conseil patrimonial depuis 1991, on observe certaines choses qui ne se voient pas ailleurs. L'une de ces choses, c'est la place particulière que tiennent les femmes — ou plutôt qu'elles ne tiennent pas — dans les décisions financières au sein des couples français.
Pendant mes années de pratique, j'ai vu défiler des centaines de couples. Et j'ai vu, encore et encore, le même schéma se répéter. Le mari, qui parle. Sa femme, qui écoute. Le mari qui prend les décisions sur le placement de l'épargne, l'achat du bien locatif, la souscription du contrat d'assurance-vie. Sa femme, qui acquiesce, parfois sans bien comprendre, parfois sans même qu'on lui ait expliqué.
Pendant des années, j'ai accepté ce schéma comme s'il était naturel. Et puis un jour, j'ai compris que ce n'était pas naturel du tout : c'était un héritage culturel, profondément ancré dans la société française, qui faisait beaucoup de dégâts. Particulièrement au moment où il fallait le moins en faire : un divorce, un veuvage, une crise familiale.
Le paradoxe est saisissant. Les femmes que nous décrivions en 2014, et celles que je continue d'accompagner aujourd'hui, sont souvent les plus engagées sur la protection de leur famille. Elles veillent sur l'éducation des enfants, l'organisation de la vie quotidienne, l'anticipation des coups durs. Mais sur le sujet précis de l'argent — et donc du patrimoine qui sécurise tout le reste — beaucoup s'effacent. Comme si on leur avait appris que ce n'était pas leur place.
À qui s'adresse vraiment ce livre
Sur la couverture, on a tenu à cette précision qui est probablement ce qui en a fait sa force : « Quelle que soit votre situation — célibataire, mariée, divorcée, avec ou sans enfants, etc. — ce petit livre est fait pour vous. »
C'est délibéré. Catherine et moi voulions écrire un livre qui ne s'adresserait pas à un sous-segment du public féminin, mais bien à toutes les femmes — celles qui se construisent, celles qui sont en couple, celles qui ont quitté un couple, celles qui sont seules par choix ou par circonstance. Le sujet de l'argent les concerne toutes, de la même manière. C'est pour ça qu'on a structuré le livre autour de cas pratiques plutôt qu'autour d'un parcours unique.
Les quatre promesses concrètes du livre
Plutôt que de tenir un discours, on s'est efforcés, Catherine et moi, de tenir quatre promesses précises tout au long des 208 pages :
1. Comprendre les mécanismes et les grandes étapes de la gestion patrimoniale
Le livre prend le temps d'expliquer, sans condescendance et sans jargon, comment fonctionne la gestion d'un patrimoine en France. Les régimes matrimoniaux. La fiscalité de base. Les principaux véhicules d'épargne et d'investissement. La logique d'une succession. Tout ce qu'on n'apprend ni à l'école, ni à l'université, ni en famille — et qu'il faut pourtant maîtriser pour prendre des décisions éclairées dans sa propre vie.
2. Connaître les bons professionnels et savoir leur parler
Notaires, avocats, courtiers en assurance, gestionnaires de patrimoine, conseillers fiscaux… L'écosystème professionnel autour de l'argent en France est riche, mais il est aussi opaque pour qui n'en a jamais croisé. Nous expliquons qui fait quoi, à quel moment de la vie on a besoin de chacun, et — c'est sans doute la partie la plus précieuse — comment poser les bonnes questions pour ne pas se faire mener. Une femme qui sait demander à son banquier « quel est exactement votre taux de marge sur ce produit ? » change fondamentalement le rapport de force.
3. Vingt cas concrets pour se reconnaître
C'est le cœur opérationnel du livre. Vingt situations patrimoniales différentes sont présentées et analysées : la jeune cadre célibataire en début de carrière, la femme mariée sans contrat, la mère divorcée avec enfants, la veuve récente, l'entrepreneure, la cadre qui prépare sa retraite, la femme remariée avec famille recomposée… Chaque lectrice trouve, dans cette galerie de portraits, celui ou ceux qui ressemblent le plus à sa propre situation. C'est très pédagogique et c'est ce que nos lectrices nous ont le plus dit avoir apprécié : « je me suis reconnue dans ce cas-là, et j'ai compris ce que je devais faire ».
4. À chaque étape de vie, des outils et solutions adaptés
Le livre suit le fil de la vie d'une femme — premier salaire, premier achat, mariage, naissance, séparation, reconversion, retraite, transmission. À chaque étape, il propose les outils et solutions les plus appropriés au moment, sans chercher à tout faire d'un coup. « Pas à pas », déjà — cette philosophie est devenue plus encore le fil conducteur de notre second livre six ans plus tard.
Ce que j'observe, dix ans après la parution, c'est que les choses ont commencé à bouger. Mais lentement. Les jeunes femmes actives sont aujourd'hui beaucoup plus alphabétisées financièrement que leurs mères. C'est l'effet d'une vraie évolution culturelle — le mouvement FIRE, les podcasts d'éducation financière, les comptes Instagram et TikTok dédiés, les ouvrages comme le nôtre qui ont fait leur chemin.
Mais dans les couples installés, surtout au-delà de 50 ans, le schéma traditionnel demeure largement. C'est pour ça que ce livre, dix ans après, reste d'actualité — et c'est aussi pour ça que j'ai voulu prolonger la mission au-delà du livre en co-animant aujourd'hui avec Corine Goldberger le podcast « Argent : parlons cash les filles ! », où nous reprenons toutes les deux semaines ces mêmes sujets avec des invités spécialisés.
Ce qui distingue ce livre des autres ouvrages sur la finance personnelle
Beaucoup de livres parlent d'argent. Très peu parlent d'argent aux femmes, et encore moins en évitant les deux pièges classiques.
Le premier piège, c'est celui du livre paternaliste — qui parle aux femmes comme à des élèves attardées, comme s'il fallait leur expliquer des évidences que tout le monde connaîtrait sauf elles. C'est un piège qu'on lit beaucoup, et c'est insupportable. Catherine et moi avons écrit le livre dans le sens inverse, en partant du principe que nos lectrices sont parfaitement capables de comprendre la complexité, à condition qu'on prenne le temps de l'expliquer.
Le second piège, c'est celui du livre commercial déguisé — qui semble donner des conseils mais qui en réalité oriente vers des produits qu'on retrouve dans le portefeuille de l'auteur ou de son éditeur. Notre livre ne vend rien. Pas un produit, pas un service. Aucune banque, aucun assureur, aucun courtier mis en avant. Notre seul objectif était de transmettre ce que nous savions à des lectrices qui en avaient besoin.
Pourquoi je continue de parler de ce livre en 2026
On me demande parfois, lors de rendez-vous ou de conférences, si ce livre n'est pas dépassé. Les barèmes fiscaux ont changé. Les plafonds Livret A ne sont plus les mêmes. Les taux d'intérêt ont fait des montagnes russes depuis 2014. Les SCPI, les ETF, les cryptos ont pris une place qu'ils n'avaient pas à l'époque.
Tout ça est vrai. Mais ce n'est pas l'essentiel du livre. L'essentiel, c'est l'autonomie financière des femmes. Et ça, c'est intemporel. Les chapitres sur comment poser les bonnes questions à son banquier, sur comment lire un contrat sans se faire manipuler, sur comment dire à son conjoint qu'on veut comprendre ce qu'il se passe avec l'argent du couple — tout cela n'a pas pris une ride. Et pour cause : ce sont des questions qui touchent à la relation que chaque femme entretient avec elle-même, avec son couple, avec son indépendance. Pas à la technique fiscale du moment.
C'est aussi parce que ces sujets ne se règlent jamais une fois pour toutes que Catherine et moi avons décidé, six ans plus tard, d'écrire un second livre — cette fois avec Sophie Muffang : L'argent au féminin ? 10 conseils sur mesure pour bien choisir et agir pas à pas, publié chez Ellipses en 2020. Si ce premier livre était un point de départ, le second est un manuel d'action concret. Les deux se complètent.
Où trouver le livre
Le livre est toujours disponible dans la plupart des grandes librairies françaises, en ligne sur les principales plateformes (Fnac, Decitre, Amazon, etc.), ainsi qu'en versions papier et numérique directement chez l'éditeur Dunod. ISBN : 9782100716234. Si vous êtes à Paris, je vous recommande de passer par votre librairie de quartier — c'est aussi une manière de soutenir l'écosystème de l'édition indépendante qui rend possibles ce genre de projets.
Pour celles et ceux qui veulent aller plus loin, je vous renvoie vers le second livre, ainsi que vers les autres articles de ce blog où je détaille les mécaniques fiscales du LMNP et les enjeux de transmission immobilière, qui touchent particulièrement les femmes — souvent plus longtemps survivantes de leur conjoint, et donc, statistiquement, plus souvent confrontées à devoir gérer seules un patrimoine constitué à deux.
Une dernière chose — pour les hommes qui me lisent.
Si vous êtes un homme et que vous êtes arrivé jusqu'ici, je veux vous dire ceci. Ce livre n'est pas écrit contre vous. Il n'est même pas écrit malgré vous. Il est écrit pour vous aussi. Parce que si votre femme, votre compagne, votre fille comprend mieux l'argent, ce n'est pas une menace pour le couple : c'est une protection pour la famille entière. C'est la garantie qu'en cas de coup dur — un accident, une maladie, votre propre absence — la personne que vous aimez ne se retrouvera pas démunie face à des décisions qu'elle n'a jamais eu à prendre.
Offrez ce livre à vos filles, à votre femme, à votre mère, à votre sœur. C'est l'un des plus utiles cadeaux qu'on puisse faire, et il coûte moins cher qu'un dîner.
Vous voulez aborder ces sujets pour vous-même ou votre famille ?
Premier rendez-vous offert et sans engagement, de 45 minutes, en visio ou à mon cabinet du 11e arrondissement. Que vous soyez femme, homme, en couple ou seule, je peux vous aider à y voir clair.